
Ça fait un bon moment que je me promet d’écrire un billet sur le Web 2.0, mais par manque de motivation et parce que d’autres le font déjà, et que ces discussions finissent souvent en queue de poisson, j’avais évité le sujet jusqu’à maintenant sur ce blogue. Cependant, j’ai participé, assez passivement en revanche, à plusieurs discussions en émettant mes commentaires sur les billets de d’autres blogueurs.
Pour ceux qui ne suivent pas le débat et pour les néophytes du Web 2.0,
Michel Leblanc vulgarise ici le concept.
Récemment à la suite d’
un billet posté par Philippe Martin sur son blogue
N’ayez pas peur, j’exprimais que je croyais qu’essentiellement, présentement, la source de la discorde entre le camp des pour et ceux des contre le Web 2.0 était une question sémantique. En effet, il n’y a pas de définition rigoureuse de ce qu’est le Web 2.0, et puisque chacun se forge sa propre définition, on ne pourrait pas s’entendre.
Michel Leblanc, ardent défenseur de la thèse en faveur du Web 2.0 a écrit un billet qui s’intitule
Pourquoi nommer le Web 2.0? et qui répond en quelque sorte à cette question. Essentiellement, son argumentaire s’ajouter à mon commentaire précédent. Il met en évidence que l’humain a un besoin de nommer les choses, et que chaque culture, ou sous-culture, interprète les choses différemment.
Truth is in the eye of the beholder, comme on dit.
Ensuite, il y a un certain malaise avec le choix du nom. Le nom “Web 2.0″ rappelle la manière dont les compagnies informatiques étiquettent leurs logiciels, en y ajoutant un numéro de version. Or, lorsqu’on passe d’une version majeure (1.0) à une autre (2.0), on le fait habituellement dans le but de marquer une évolution significative ou montrer que logiciel n’a plus une compatibilité-arrière. La seule autre raison pour laquelle on le fait est purement marketing, pour donner l’illusion au consommateur qu’un logiciel est nouveau et ainsi lui donner une raison de faire une mise à jour, alors que parfois seuls des changements esthétiques ont étés effectués. Ici, on parle du Web, un concept beaucoup plus flou qu’un logiciel, et en le nommant “2.0″, on implique implicitement qu’il existait un Web 1.0. Malheureusement, pour certaines gens du milieu de conception Web, pour certains programmeurs, certains geeks, ils n’ont jamais perçu la cassure entre l’ère 1.0 et l’ère 2.0.
Il faut tout de même bien se rendre à l’évidence qu’il y a eu vers la fin des années 90 une forte croissance du commerce en-ligne (dit commerce électronique à l’époque). C’était la folie des “point com”. Tout le monde voulait imiter le succès de Amazon. Les fonds d’actions boursières dans les hautes-technologies atteignaient des niveaux de performances incroyable. Le NASDAQ devenait un joueur important à côté des grands marchés boursiers.
Puis la chute. Les “point com” font faillite, il y a le scandale Nortel, le lien de confiance, la sur-confiance devrais-je dire, est brisé. Beaucoup ont perdu. Des sommes immenses. Ils avaient trop misé dans des technologies encore immatures. Moi y compris, par la bande, avec mes économies dans les fonds communs que je possédais. La bulle a explosé. La bulle 1.0.
Est-ce de cette cassure que l’on parle quand on parle du Web 1.0 et Web 2.0? Si oui, alors cette nomenclature est essentiellement économique.

Ce qui m’anène à admettre, après réflexion, que ce n’est pas qu’un problème de sémantique. L’autre partie, c’est l’aspect marketing, ou mercantile du web 2.0 qui irrite.
Certes, on ne peut non plus nier qu’il y a une ressurgeance de compagnies qui lancent des produits pour le Web depuis environ 3 ans. Les blogues explosent, il s’en crée je ne sais trop combien à la minute, il y a la un marché quasi vierge à exploiter.
Là où se situe le malaise, c’est que certaines personnes essayent de profiter du
hype 2.0 pour s’enrichir. Je suis capitaliste, je n’ai absolument rien contre le fait de s’enrichir. Si vous avez un million à me donner, sentez-vous totalement libres.

Mais ce qui m’indispose, c’est le concept du Web 2.0 qui est monté en épingle pour vendre un peu n’importe quoi. On a parfois l’impression qu’on vend des trucs totalement inutiles.
Ça ne serait pas la première fois d’ailleurs. Je vais donner des exemples concrets de produits inutiles mais que tout le monde a acheté comme des poules sans têtes:
Certification ISO 9001 et compagnie
Pourquoi se certifier ISO 9001? Essentiellement, pour faire comme tout le monde, pour ne pas avoir un désavantage concurrentiel. Car dans les faits, tout le système de certification ISO c’est de la frime. Il suffit de savoir que la compagnie paye une firme de consultant (à gros prix) pour qu’il la certifie. En gros, tu graisses la patte du juge qui va plaider ta cause. Pas très transparent comme concept. Ensuite, la certification ne normalise qu’un procédé, mais n’en mesure pas l’efficacité. Donc à quoi ça sert d’avoir un processus de service à la clientèle s’il est totalement inefficace, mais tout de même dans les normes? Entre autre à obtenir des contrats du gouvernement, qui avait mis cette condition pour l’obtention de contrats. Belle arnaque non?

Mon exemple préféré:
Le bogue de l’an 2000
Combien de millions se sont dépensés à régler ce problème de datation qui n’existait pas? Des compagnies sont devenues des multinationales en s’enrichissant sur le dos de la peur des gens. Demandez à n’importe quel informaticien ou ingénieur honnête, et il vous dira qu’aucuns d’entre eux ne croyait réellement aux scénarios catastrophes qui faisaient manchette à la télévision et dans les journaux. Pourquoi on n’en a pas parlé? Parce que c’est beaucoup plus vendeur un scénario catastrophe, et je crois que les journalistes ont étés un peu naïfs et se sont mis à y croire. Je suis presque surpris qu’il n’y ait aucune poursuite pour fausse représentation envers ces compagnies profiteuses. Je pense que les compagnies préfèrent taire le fait qu’elles se sont fait avoir. Quand on se fait frauder, on préfère tenir le sujet mort par orgueil. Ou bien peut-être reste-t-il encore des gens qui croient qu’ils ont fait un bon investissement. Qui sait.
Alors est-ce que le Web 2.0 c’est du vent? Est-ce une bulle qui va péter, comme la bulle 1.0?
J’en sait rien, mais pourquoi est-ce que j’ai parfois l’impression qu’on essaie de me vendre du gruau dans un nouvel emballage?
brem
P.S.: Est-ce que quelqu’un connaît l’équivalent français du dicton: Truth is in the eye of the beholder ?
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