Il y a les bons, il y a les méchants
mardi, 30 septembre 2008 à 23:41
J’ai rarement perçu dans les médias et l’électorat une opinion si polarisée lors d’une élection que celle-ci. À part peut-être lors du référendum de 1995.
Il est vrai que l’utilisation des technologies Web de réseautage social n’était pas très utilisé lors des élections. Même lors de la dernière élection provinciale, les blogues n’avaient eu qu’un impact marginal.
Il me semble que jamais auparavant voyait-on autant d’initiatives citoyennes appellant au vote stratégique, à voter pour n’importe qui sauf Conservateur. Il y a eu la vidéo de Rivard et cie (Culture en péril) qui a reçu un accueil amusé mais mitigé dans la blogosphère. Et voici maintenant Unissons nos voix et Voter pour l’environnement.
Maintenant, pourquoi ces groupes d’intérêts particuliers et lobbyistes mettent autant d’efforts à contrer l’avancée du gouvernement conservateur de Stephen Harper?
Si les Libéraux n’étaient pas si aplaventris, inexistants du débat public, est-ce que les artistes seraient aussi vocaux?
Je ne crois pas. Le confort d’un gouvernement providence suivant le modèle Libéral est réconfortant. En voyant que Stéphane Dion n’a aucune chance de former le gouvernement et qu’il pourrait ne pas former l’opposition officielle, les artistes, les groupes d’intérêts environnementaux, idéologistes de gauche sont pris d’une panique. Leurs groupes d’intérêts sont éparpillés dans plusieurs partis. La droite est tellement unie que même le parti Libéral en vient à passer pour un parti de gauche. Ces groupes percoivent qu’ils n’ont d’autre alternative que de défendre eux-même leurs intérêts, et à défaut de se réfugier tous sous une seule bannière, ils polarisent le débat: Il y a les méchants, les conservateurs, et il y a les bons, i.e. tous les autres partis politiques susceptibles de les contrer.
Ça me fait penser à l’hécatombe qu’avait été le passage de Le Pen au deuxième tour des présidentielles françaises à l’époque. Les gens de gauche du parti socialistes en étaient venus à appuyer Chirac, le moindre deux deux maux pour éviter que l’extrême-droite soit à la tête du pays.
Cependant, je remarque que les messages de la gauche sont démagogiques et opportunistes. Exactement ce qu’on reprochait aux partis de droite, comme l’ADQ au Québec.
Par exemple, Germain Houde va jusqu’à dire que la droite érige ses politiques en dogmes (dans sa vidéo de Unissons nos voix). Laissez-moi rire. Comme si la gauche n’avait pas érigée Kyoto en dogme environnemental. Aussi, les coupes de 45M$ dans la culture. Qu’importe si ces programmes étaient utiles, efficaces où non, il ne fallait pas couper? Où se trouve le sens critique de ces artistes? J’imagine que quand le sujet nous touche plus personellement, c’est le coeur et non la tête qui réagit.
Pour placer les idées, 45M$, c’est un peu moins que le plafond salarial d’une équipe de hockey professionnel de la NHL. En revanche, les besoins en garderie et autres programmes utiles à une majorité de canadiens se chiffrent en milliards de dollars. Pourtant, on a passé plus de temps à parler d’une coupe ridicule dans la culture que des plans d’investissement de chaques partis pour des places en garderies et autres programmes pour aider les familles.
La force du lobby des artistes m’impressionne par sa capacité à réagir promptement et à défendre ses intérêts. Cependant, je ne crois pas qu’ils aient trouvés le mot juste, ce message rassembleur qui réussira à unir cette gauche où tous les partis se battent farouchement et égoistement pour avoir leur part du gâteau.
Triste.
brem
Cet article est aussi publié sur le blogue des élections 2008 de democraticSpace.
Il est vrai que l’utilisation des technologies Web de réseautage social n’était pas très utilisé lors des élections. Même lors de la dernière élection provinciale, les blogues n’avaient eu qu’un impact marginal.
Il me semble que jamais auparavant voyait-on autant d’initiatives citoyennes appellant au vote stratégique, à voter pour n’importe qui sauf Conservateur. Il y a eu la vidéo de Rivard et cie (Culture en péril) qui a reçu un accueil amusé mais mitigé dans la blogosphère. Et voici maintenant Unissons nos voix et Voter pour l’environnement.
Maintenant, pourquoi ces groupes d’intérêts particuliers et lobbyistes mettent autant d’efforts à contrer l’avancée du gouvernement conservateur de Stephen Harper?
Si les Libéraux n’étaient pas si aplaventris, inexistants du débat public, est-ce que les artistes seraient aussi vocaux?
Je ne crois pas. Le confort d’un gouvernement providence suivant le modèle Libéral est réconfortant. En voyant que Stéphane Dion n’a aucune chance de former le gouvernement et qu’il pourrait ne pas former l’opposition officielle, les artistes, les groupes d’intérêts environnementaux, idéologistes de gauche sont pris d’une panique. Leurs groupes d’intérêts sont éparpillés dans plusieurs partis. La droite est tellement unie que même le parti Libéral en vient à passer pour un parti de gauche. Ces groupes percoivent qu’ils n’ont d’autre alternative que de défendre eux-même leurs intérêts, et à défaut de se réfugier tous sous une seule bannière, ils polarisent le débat: Il y a les méchants, les conservateurs, et il y a les bons, i.e. tous les autres partis politiques susceptibles de les contrer.
Ça me fait penser à l’hécatombe qu’avait été le passage de Le Pen au deuxième tour des présidentielles françaises à l’époque. Les gens de gauche du parti socialistes en étaient venus à appuyer Chirac, le moindre deux deux maux pour éviter que l’extrême-droite soit à la tête du pays.
Cependant, je remarque que les messages de la gauche sont démagogiques et opportunistes. Exactement ce qu’on reprochait aux partis de droite, comme l’ADQ au Québec.
Par exemple, Germain Houde va jusqu’à dire que la droite érige ses politiques en dogmes (dans sa vidéo de Unissons nos voix). Laissez-moi rire. Comme si la gauche n’avait pas érigée Kyoto en dogme environnemental. Aussi, les coupes de 45M$ dans la culture. Qu’importe si ces programmes étaient utiles, efficaces où non, il ne fallait pas couper? Où se trouve le sens critique de ces artistes? J’imagine que quand le sujet nous touche plus personellement, c’est le coeur et non la tête qui réagit.
Pour placer les idées, 45M$, c’est un peu moins que le plafond salarial d’une équipe de hockey professionnel de la NHL. En revanche, les besoins en garderie et autres programmes utiles à une majorité de canadiens se chiffrent en milliards de dollars. Pourtant, on a passé plus de temps à parler d’une coupe ridicule dans la culture que des plans d’investissement de chaques partis pour des places en garderies et autres programmes pour aider les familles.
La force du lobby des artistes m’impressionne par sa capacité à réagir promptement et à défendre ses intérêts. Cependant, je ne crois pas qu’ils aient trouvés le mot juste, ce message rassembleur qui réussira à unir cette gauche où tous les partis se battent farouchement et égoistement pour avoir leur part du gâteau.
Triste.
brem
Cet article est aussi publié sur le blogue des élections 2008 de democraticSpace.





cacawet partage cette opinion avec nous:
octobre 1st, 2008 à 6:55 amTres bon texte Brem, 100% d’accord avec toi. Les enjeux en sont rendus que c’est du chacun pour soi. A un moment donné faut que quelqu’un mette ses culottes, même si ça plais pas a tout le monde.
Seby partage cette opinion avec nous:
octobre 1st, 2008 à 7:05 amQuelle gauche? Ce sont tous des partis de centre droit. Du manger mou pour chat. Incapable de se positionner fermement. Ou si tu préfères une gauche caviar.
Il n’y a pas de gauche véritable au Canada avec un vote massif. Que des groupuscules un peu trop “curé rouge” qui ne sont pas au goût de tous. Exemple : Le parti communiste canadien (une bande de fous furieux qui voit le mal partout). Pire, on ne sait même pas c’est quoi une lutte de classe ici. Même les pseudo-anarchistes ne sont même pas capable de faire la différence entre Anarchisme et Anarchie.
Je m’ennuie presque de Mulroney et Clark! (joke) On est dans une impasse.
Pour ce qui est des vrais enjeux, t’as raison. On ne parle pas de ce qui est prioriaire dans le discours. On s’indigne de coupure dans la culture. Mais on ne parle presque pas de l’investissement dans la famille et les programmes sociaux. Demain le chômage fera encore des ravages et on va encore mettre ça sur le dos des immigrés et des BS. Ça c’est de la démagogie. Facile de taper sur les plus faibles pour trouver une réponse rapide.
Il n’y a pas de solution rapide, idéologique et efficace à court terme. Seulement une prise de conscience progressive. Une éducation basée sur autre chose que de la culture entreprenariale et individualiste. Je le sens dans le discours des gens. On taxe notre société de communiste quand on parle de projet de société et de développement social. Ça c’est démagogique.
Mais les banques, eux font de la spéculation de marché au lieu de faire leur job de banquier. Ça c’est pas grave dans la tête des gens. J’aime pas dire ça, mais Sarko a raison. Le capitalisme sauvage doit arrêter. Y a t’il un pilote dans l’avion?
Le Voyou du Bayou partage cette opinion avec nous:
octobre 1st, 2008 à 9:51 amTout comme Cacawet, je dirais : Excellent texte.
Les souverainistes se sont plaints toute leur calisse de vie des “campagnes de peur” des partis fédéralistes. Pis aujourd’hui, sacrament, c’est la plus grosse campagne de peur de l’histoire du Canada, qui joue sur tous les préjugés possibles. C’est vraiment de la grosse bullshit et de voir que ça trouve écho chez tant de gens, ça me donne vraiment envie de vomir.
Stéphane partage cette opinion avec nous:
octobre 1st, 2008 à 10:15 amHa comme c’est rafraichissant comme lecture! Du vrai gros bon sens comme on l’aime.
brem partage cette opinion avec nous:
octobre 1st, 2008 à 12:33 pmSeby, tu comprendras que la notion de gauche est différente selon la région géographique. En effet, on dira aux U.S.A que les démocrates sont de gauche, mais par rapport à notre système politique, ça correspondrait plutôt à une mélange du parti Libéral et Conservateur. En France, la gauche, c’est plus le NPD, mais encore plus social-démocrate, et le Parti Communiste et autres dénominations :).
Mais dans notre système politique, les gens ont décidé que les conservateurs, c’était LA droite. Même les Libéraux passent pour des gauchistes interventionnistes!
C’est bien pour dire!
Ce que je dénonce un peu dans mon texte c’est que devant la force (relative, remarquons bien) des conservateurs ou plutôt devant la faiblesse du parti Libéral, le parti qui a été le compromis au Canada durant des années, les gens de “gauche” au Québec, ou si tu préfères, des gens à tendance sociale-démocrate / interventionniste, on prend panique, et on fait appel au vote stratégique des gens. C’est dommage que la “gauche” n’offre pas une coalition viable. L’arrivée des Verts dans le décor n’est rien pour aider à unir le vote. Les Verts viennent voler les votes aux Libéraux qui misent sur l’environnement à cette élection (et vice-versa), le NPD et le Bloc jouent dans les mêmes plate-bandes, mais diffèrent sur l’organisation du pouvoir (fédéraliste centriste vs. séparatiste). On dirait que la gauche n’arrive pas à se parler. On voit la même chose au Québec. Cibole, on a maintenant 3-4 partis souverainistes! PQ, Québec Solidaire, et 2 ou 3 autres clowns. Dans notre système politique, il n’y a pas de place pour 4 ou 5 partis. C’est dommage, mais pour l’instant c’est le cas, alors faut vivre avec!
Et le discours des artistes est aussi entreprenarial. C’est paradoxal non? On justifie nos valeurs de gauche avec des valeurs capitalistes de rentabilité.
Enfin… Comme je disais, 45M$, c’est dommage, mais c’est minime et marginal face aux besoins de la population. Et comme tu sais très bien, pour réussir dans le domaine culturel, faut travailler fort en préparation, ensuite se faire voir (exposure) et taper sur le clou constamment. Est-ce que le 45M$ pouvait aider? Sûrement, mais si qqun veut vraiment, c’est pas ça qui va l’empêcher de s’épanouir. Mais anyway, c’est pas de s’indigner contre ces coupes qui m’agacent, c’est qu’on ne parle que de ça… QUE de ça.
Seby partage cette opinion avec nous:
octobre 1st, 2008 à 4:59 pmBrem, la doctrine du néolibéralisme, ou les libéraux (si tu préfères), c’est la non-intervention de l’état dans les affaires justement. On voit ce que ça donne aux USA. Le manque d’intervention de l’état dans les rouages financiers, ça donne des crashs boursiers stupides que tout le monde va payer, même nous, je peux te l’assurer. Le crédit facile, les subprimes etc. Même à la chambre des représentants, les républicans préfèrent mourir que de nationnaliser d’autres banques d’investissement. Au bout du compte, ce sont les citoyens américains qui vont payer pour toutes ces bêtises financière.
Pour les partis politiques divisés que tu mentionnes, c’est tellement vrai. Le conservatisme est uni plus que jamais, pis les autres se divisent pour mieux règner ou plutôt pour mieux se faire fourrer! J’ai écris au Bloc et au NPD sur la question d’une éventuelle coalition entre ces deux partis. Je leur ai demandé pourquoi ils ne metteraient pas de côté leurs différents et mettre de l’avant ce qu’ils ont en commun. Ben, ils n’ont pas répondu à ma question. Ils m’ont simplement exposé en quoi leur parti est différent de l’autre. Encore la langue de bois…
Pour les artistes, ils se sont mal exprimés. C’est vrai qu’ils mélangent culture et entrepenariat, je le déplore moi aussi, c’est un peu cupide. Mais je les comprends en même temps. Sans les subventions, il n’y aurait pas de séries télé ou de films canadiens de grande envergure et de qualité. On serait obligé d’écouter les émissions plates, pathiques et américaines mal traduites. Genre la programmation de TQS et ses émissions de caméra police ou catastrophe. Sauf que le manque de financement des gouvernements pourrait donner place à l’innovation. Trouver d’autres sources de financement. Mais on a pas le bassin de population des states qui lui se suffis à lui-même.