brem experience

où la surprise c’est quand l’auteur publie quelque chose

brem experience logo
  • Billets populaires

  1. Spam en commentaires
  2. Marie-Antoinette
  3. Kim
  4. Publicités de Noël avec les lapins Telus
  5. Fusillade au Dawson College à Montréal
  6. Ne montez jamais à bord d'un avion indien
  7. Posters et Photos de Serenity
  8. Allez hop! Cascade!
  9. Lapins Géants Gentils
  10. Marie-Antoinette
  • Spam

    203,428 commentaires spam filtrés par Akismet

    Bad Behaviour

    Akismet

De l’éthique journalistique

vendredi, 9 février 2007 à 2:06

ygreck - bernard drainville
caricature de YGRECK

On me reproche de ne pas me lever au dessus des médias dans l’histoire de M. Drainville qui passe de journaliste à politicien péquiste et de répéter l’analyse des autres journalistes. Alors je vais élaborer ici sur ma réflexion à ce sujet.

D’entrée de jeu, chaque citoyen est libre de se présenter candidat à une élection. Je ne nie pas ce droit. Cependant, certains citoyens exercent des métiers qui leur octroient un certain pouvoir sur la population (e.g. policier, juge, avocat, journaliste, etc.). Ces métiers sont régis par des codes d’éthique, de déontologie, de bonne conduite, pour éviter d’entacher la réputation de la profession. Car lorsque la profession est entachée, la confiance de la population envers cette profession s’en trouve affectée et perds de son efficacité. C’est mal. C’est comme croiser les effluves dans Ghostbuster.

Il est évident que chaque journaliste a une opinion politique. Ils ont le droit de vote et l’exercent après tout. De plus, on sait tous que certains quotidiens papier ont une ligne éditoriale qui s’aligne habituellement sur la plate-forme d’un parti favori. Du moins, ici au Québec, on a des quotidiens qui prennent position clairement sur le débat constitutionnel. Évidemment, ça ne veut pas dire que chaque journaliste écrit forcément ce que le chef de pupitre ou le président du journal le voudrait, mais tout est un jeu d’influence. En ce sens, le journalisme et la politique en font tous les deux usages, donc le passage de l’un à l’autre des domaines se fait souvent sand trop de dépaysement.

Bernard Drainville n’est pas le premier journaliste à faire le saut en politique, une majorité des politiciens sont soient journalistes, économistes, ou avocats. Ce qui fait de lui un cas d’exception, c’est qu’il est le premier à faire le saut alors qu’il est en poste comme chef du bureau parlementaire de Radio-Canada à Québec. À ce titre, il avait une position privilégiée dans sa relation avec tous les partis politiques Québécois.

Je ne doute pas une seconde des motivations de M. Drainville lorsqu’il nous dit en conférence de presse vouloir aller en politique par conviction, là n’est pas la question. Ce qui agaçe, c’est qu’outre ce qui a bien pu réellement se passer, il y a apparence de conflit d’intérêt. Un manque à l’éthique journalistique.

Lorsqu’on songe à se lancer dans l’arène politique, on solidifie ses idées et on choisit une option. Cela se traduit par le choix d’une équipe, d’un chef, d’un parti. M. Drainville a toujours été sympathisant péquiste, ne lui restait qu’à décider où et quand il ferait le saut. M. Drainville nous sert en conférence de presse un scénario rocambolesque qui laisse sceptique. En effet, selon ses dires, M. Parizeau aurait approché sa femme mercredi passé pour lui offrir un comté, que M. Drainville a décliné vendredi. On doit donc en conclure que M. Drainville ne considérait pas que c’était le bon temps, ou que ce n’était pas un comté où il avait des chances d’être élu. Or, mardi, on lui offrait le comté de Marie-Victorin, château-fort péquiste, que M. Drainville s’est empressé d’accepter. Ce n’était donc pas une question de timing, mais plutôt une question de trouver un comté facile à emporter. Ce qui est un peu choquant, c’est qu’il essaye de faire gober aux gens que de vendredi à mardi, il ne songeait plus à se lancer en politique. M. Drainville a un interrupteur dans le cerveau. C’est un peu ça que j’ai essayé de tourner à la blague dans mon précédent billet. Certains jours il est partisan, certains autres il est neutre. Ça ne tient pas la route son histoire. Il a commis une erreur de jugement en acceptant à si courte échéance cette candidature, tout en restant en poste.

Je ne connais pas vraiment comment ça se passe quand un parti choisit un candidat, mais je doute que le tout se fasse sur le coin d’une table. Or, c’est ce que M. Drainville essaye de nous faire croire. Qui plus est, on soupçonne maintenant qu’il ait menti durant sa conférence de presse et qu’il avait lui-même signifié qu’il était intéressé à se présenter comme candidat péquiste à M. Boisclair. Ainsi, même s’il n’était pas un candidat confirmé lors de son entrevue avec M. Boisclair, il était déjà en conflit d’intérêt, du moins en apparence car il était en période de réflexion sur son avenir politique.

Par ailleurs, une vidéo du téléjournal où Bernard Derome échange avec Bernard Drainville sur le programme de l’ADQ laisse un peu perplexe quant à l’impartialité de ce dernier. Vers 2′20″, cet échange où M. Drainville détruit chaque argument du programme de l’ADQ ressemble beaucoup au discours d’un opposant que d’un journaliste impartial. Même si son raisonnement est totalement défendable, ce n’était pas la place, ni la personne pour le faire.

Qui nous dit qu’il n’a pas partagé certaines informations priviliégiées d’un parti adverse à M. Boisclair? On nous dit pour sa défense qu’aucun parti politique ne donne d’information cruciales à un journaliste. Cruciale? Non, probablement pas, mais statégiquement sensible? For possiblement, comme nous le confirme Michel C. Auger. On peut présumer que M. Drainville aurait pu transmettre certaines de ces informations et ainsi donner un levier au PQ face à ses adversaires.

Au bout du compte, ce n’est pas si grave tout ça. M. Drainville est rendu politicien, il a rapidement adopté la langue de bois, et c’est un candidat vedette pour le PQ. Sauf qu’on peut se demander si c’était vraiment nécessaire d’avoir un candidat vedette dans un comté gagné d’avance. Veut-on offrir un poste de ministre à M. Drainville? Les péquistes cachent mal leur jeu.
Mais M. Boisclair se serait bien passé de cette nouvelle mini-controverse au sein de son parti, qui semble attaqué à chaque jour de toutes parts.

Ce qui me chagrine surtout, c’est que de la façon maladroite à laquelle M. Drainville s’est pris pour lancer sa carrière politique, il ait laissé l’impression dans la population qu’il existe un copinage malsain entre les journalistes et les partis politiques.

Un éditorialiste donne son opinion, c’est son job. Un journaliste est censé rapporter le plus objectivement possible des faits. Je crains que cette éthique journalistique ne s’effrite. Tous les journalistes veulent devenir journaliste d’opinions. À ceux-ci, je dirais qu’il y a les blogues qui le font déjà pas mal. Ils devraient tous s’y mettre.

Est-ce que l’objectivité est vraiment possible? Est-ce qu’à l’instar des réseaux américains comme Fox News où l’on sait très bien pro-républicain, et CNN plutôt pro-démocrate, auront nous nous aussi éventuellement des réseaux partisans? Où des journalistes clairement partisans?

Ainsi, tous le monde devient un spin doctor. Tout le monde devient un lobbyiste, un influenceur.

Est-ce vraiment ça que l’on veut?

Je ne suis pas convaincu.

brem




15 commentaires pour l'article: “De l’éthique journalistique”

  1. pabsta partage cette opinion avec nous:

    Comment aurais-tu présenté ta candidature, si tu avais été à sa place ?

  2. brem partage cette opinion avec nous:

    Lorsque je me serais décidé à aller tâter le terrain politique, je me serais abstenu de me mettre en position délicate, quitte à prendre un congé. Plus on apprend de cette histoire, plus on se rend compte que Drainville n’avait pas de mauvaises intentions, mais c’est surtout qu’il a été maladroit.

    Lorsqu’il dit qu’il était journaliste, lorsqu’il faisait son entrevue avec André Boisclair, c’est un peu faux, car il était en réflexion pour se présenter en politique, mais il attendait simplement qu’on lui offre un comté qui lui plairait.

    Si ça avait été n’importe quel autre bozo journaliste, je dis pas, s’il n’a pas à cotoyer les chefs de partis politique, il n’a pas à changer d’attitude, mais là c’est justement le cas. Il a une relations privilégiée par sa fonction avec les 4 chefs politiques de 4 partis au Québec. Mais en favorisant 1 des 4, du moins, en apparence, en rétrospect, il s’est placé en conflit d’intérêt. Ou apparence de.

    Tu vois, il arrive un moment dans la vie où l’on doit faire des choix. L’indécision de M. Drainville de laisser de côté son emploi pendant qu’il était en réflexion aura été la cause de cet incident plus agaçant que grave.

  3. pabsta partage cette opinion avec nous:

    Premièrement, ce n’est pas lui qui a “tâté le terrain”, mais c’est sa femme qui lui en a parlé. Le temps où il a fait sa réflexion, il s’est retiré des ondes. Si les potentiels candidats devaient se retirer de leur poste chaque fois qu’ils se font approcher, je suis sûr que M. Tellier n’aurait plus de job, ni même Alban D’Amours ou d’autres.

    Mets toi à sa place. Dans l’éventualité, où il se fait offrir un comté “swing”, tu ne remets pas tout en jeux pour une réflexion. Mais surtout, si tu décides de ne pas y aller, tu assumes que c’est ce que le parti a de mieux à t’offrir. En aucun cas, Drainville peut estimer s’il est capable de déplacer des “vedettes” qui ne sont pas annoncées. Bref, si ta valeur assumée est à la hauteur du comté qu’ils t’ont présenté et que ça fait pas ton affaire, tu passes à autre chose. Pendant les trois jours où il y a pensé, il s’est retiré des ondes.

    Dans la mesure où ils te rappellent et que tu acceptes un autre comté, par contre, tu fais une politique de “terre brûlée”. Tu vas voir tes patrons (d’une boîte fédéraliste), tu fais tes adieux et tu dis toute la vérité. Moi, j’aurais pas fait autrement. Et c’est ce qu’il a fait. Certains journalistes, sûrement des amis, ne peuvent pas non-plus se permettre de le laisser passer façilement. Alors, ça joue dur lors des questions. Sinon, c’est là qu’il y a doute envers la profession.

    Le connaissant quelque peu, je dirais que ce type est droit comme une barre. Je comprends que le doute est l’atitude la plus façile à adopter. Ce n’est pas nécessairement mauvais. Mais c’est aussi un doute envers les autres partis.

    De toute façon, sérieux, je suis de ton avis aussi. Ce n’est qu’une histoire agaçante. Le type aura pleinement la chance de montrer à quel point il peut faire un bon ministre.

  4. eric d partage cette opinion avec nous:

    On peut être contre c’est vrai, mais nous sommes encore un des rares endroits dans le monde où les journalistes n’ont pas de parti pris avoué…à part les journaux que pratiquement personne ne lis.
    Ici le problème c’est que l’hypocrésie fait en sorte que personne ne sais si tu es un péquiste ou un libéral(en ce qui à trait aux journalistes sois disant neutre).
    En France par exemple M. Drainville aurait donné l’entrevue à Boisclair mais la population aurait su qu’il avait un parti pris alors les gens auraient écouté avec un degré différent. C’est là le problême, les gens se sentent trahis car ils le pensaient objectif(tout en sachant que personne n’est objectif).
    Donc M. Drainville aurait dû avertir de ses intentions avant l’entrevue mais avec la politique journalistique québécoise il n’aurait probablement plus eu droit à son entrevue

  5. brem partage cette opinion avec nous:

    Pabsta: je suis d’accord avec ta réplique, sauf que l’on apprend dans un article du Devoir, journal fédéraliste s’il en est un, que M. Drainville aurait lui-même approché le parti Québécois.

    Qui croire?

    Au bout du compte, on s’en fout un peu comme je disais, la politique, c’est aussi savoir mentir, ou dire des demi-vérités… malheureusement.

    Pour le reste, laissons lui sa chance.

    Mais il a quand même un peu secoué l’apparence d’impartialité journalistique.

  6. Émilie partage cette opinion avec nous:

    Come on, les journalistes ne sont pas impartiaux. Quand tu sais lire, tu vois très bien qu’ils ont des partis pris. Et puis quand ils déblatèrent pendant des semaines sur Myriam Bédard, puis sur les accomodements raisonnables, tu te dis que vraiment non, ils ne sont pas intéressés par autre chose que le sentionalisme et le populisme. Sérieusement, lors du congrès libéral Bernard Derome portait une cravate verte (!) alors qu’il n’en porte jamais de cette couleur et coupait la parole à quiconque osait remettre en question la popularité de Stéphane Dion au Québec. Comme objectivité, j’ai vu mieux…
    Et oui, je suis totalement désillusionnée quant à ce que l’on appelle l’impartialité des journalistes. C’est un mythe ou au mieux un gros mensonge puisqu’ils ne font que cacher du mieux qu’ils peuvent leur jupon…sauf qu’ils se trahissent eux-mêmes dans bien des cas.

  7. brem partage cette opinion avec nous:

    Émilie: On est bien d’accord. Les journalistes ont tous des opinions. C’est normal, ils sont humains, ils ont en plus un accès immédiat sur l’information, ils ont forcément une idée sur tout. Sauf que leur code d’éthique fait en sorte qu’on s’attend d’eux à ce qu’ils agissent de façon impartiale. Est-ce que c’est le code qui devrait être changé? Car on sait très bien qu’en jouant la carte de l’impartialité, un journaliste trahit le fond de sa pensée.

    Comme je disais, est-ce qu’on préfèrerait des médias totalement partisans? Je ne suis pas convaincu de ça.

    Pas facile ce métier.

  8. Serge A. partage cette opinion avec nous:

    Beaucoup, beaucoup de blabla de toutes parts pour si peu.

    Des informations privilégiées? Ben voyons donc!! Je pense plutôt comme Yves Boisvert, tiens:

    http://www.cyberpresse.ca/article/20070209/CPOPINIONS/702090673/5034/CPOPINIONS

    bye

  9. traceykwhite partage cette opinion avec nous:

    Brem, where are your photographs?

  10. brem partage cette opinion avec nous:

    Serge A.: Personellement, je préfère le point de vue de Michel C. Auger.

    Incidemment, les deux journalistes seront à leur émission de Télé-Québec à 19h ce soir. :)

  11. brem partage cette opinion avec nous:

    hey raymi’s mom!

    my pictures are a mess.

    Here, I just uploaded some to my flickr account just for you! :)

    brem

  12. tchendoh partage cette opinion avec nous:

    C’est tellement rempli de mauvaise foi ce débat-là. Comme si tous les journalistes qui pensent se lancer en politique devrait prendre congés jusqu’à temps qu’ils se décident.

    C’est une typique campagne de salissage à mon avis, et comme je disais cette semaine, pendant ce temps-là on skip les vrais débats.

    Un gars intelligent qui s’en va en politique, on devrait juste s’en réjouir, peu importe le parti.

  13. Redge partage cette opinion avec nous:

    J’en revient pas à quel point on en fait un cas pour rien. Le gars a 43 ans et après 18 ans de journalisme, veut réaliser son rêve de devenir politicien. So what? D’accord, je comprend que la situation (dont l’entrevue avec Boiclairs) peut en chicotter quelque uns, c’est correct, mais vous trouvez pas qu’on en fait un gros cas de cette ‘histoire là?

    J’ai toujours trouvé que Drainville était un bon journaliste, un peu arrogant certe, mais le gars savait tirer les vers du nez de ses invités. Il s’en va en politique pour servir le peuple et en plus il est ni blasé, ni cynique alors quoi demander de mieux?

  14. brem partage cette opinion avec nous:

    Tchendoh: pas tous les journalistes, Arpin ou Lagacé, je crois pas qu’il y aurait matière à débat, ils font rarement dans le très politique, ils font du fait divers… Là, c’est le grand chef des journalistes qui s’occupe de tout ce qui est politique à Québec. En plus, il fait des entrevues avec les chefs des différents partis, et on est à la veille d’une élection.

    Tout ce que je dis, c’est qu’il y a eu apparence de conflit d’intérêt. C’est tout. Je comprends mal ceux qui essaient de défendre M. Drainville. Il n’y a rien à défendre, le gars a été maladroit dans sa manière de gérer le tout, est-ce qu’on peut se mettre d’accord là-dessus? Le reste, ça sera aux électeurs de Marie-Victorin de décider. Moi je trouve que ça fait un moment qu’il partage son opinion dans ses reportages. Là au moins c’est clair pour qui il cheer.

    Redge: Drainville, en tant que journaliste, aurait eu la même rigueur et la même verve à critiquer si ça avait été un autre dans la même situation, alors lâchons moi le “pôv ti journaliste”, il savait exactement dans quoi il s’embarquait. Aussi, je doute que le PQ va remporter les prochaines élections, donc je pense que M. Drainville devra attendre avant de devenir ministre.

    Moi je trouve que tout a été dit à ce sujet. Pas matière à trucider qqun, mais quand même. Il fallait le dire.

  15. BREM experience [en] » Blog Archive » Getting Media Attention partage cette opinion avec nous:

    […] This work is licensed under a Creative Commons Licence. « Of Journalism Ethics […]

Laissez une réponse

XHTML: Vous pouvez utiliser ces tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>