brem experience

où la surprise c’est quand l’auteur publie quelque chose

brem experience logo
  • Billets populaires

  1. Spam en commentaires
  2. Marie-Antoinette
  3. Kim
  4. Publicités de Noël avec les lapins Telus
  5. Fusillade au Dawson College à Montréal
  6. Ne montez jamais à bord d'un avion indien
  7. Posters et Photos de Serenity
  8. Allez hop! Cascade!
  9. Lapins Géants Gentils
  10. Marie-Antoinette
  • Spam

    201,151 commentaires spam filtrés par Akismet

    Bad Behaviour

    Akismet

Les deux solitudes

lundi, 4 décembre 2006 à 3:21

Stéphane Dion
Stéphane Dion
chef du parti Libéral du Canada

Je parle beaucoup politique ces temps-ci. C’est cyclique. L’an passé c’était sur les élections, alors ne vous en faites pas, tout redeviendra normal bientôt.

On me perçoit parfois comme un supporteur de Stephen Harper. Ce n’est pas entièrement faux. En fait, aux dernières élections fédérales, je ne savais pas du tout pour qui voter. Je n’allais pas voter pour le Bloc Québécois car j’ai la conviction qu’ils ne servent pas à grand chose à Ottawa, de plus, ma flamme nationaliste québécoise est assez tiède, surtout depuis que j’ai marié une vancouvéroise. Je n’allais pas non plus voter pour les libéraux de Paul Martin car le scandale des commandites avait suscité en moi un dédain envers cette organisation politique. J’avais la ferme intention de ne pas les encourager. Je ne voulais pas non plus voter conservateur parce que je ne partage pas leur opinion sur plusieurs thèmes, surtout environnementaux et de nature sociale. J’ai voté NPD, par élimination, surtout parce que le parti Vert ne me semblait pas très sérieux.

Voilà, tout ça pour dire que j’ai voté comme plusieurs pour donner une leçon aux libéraux, mais en fait, mes valeurs personelles se rapprochent beaucoup plus des valeurs libérales que conservatrices. Cela dit, M. Harper m’a agréablement surpris sur le point qu’on reproche souvent aux politiciens: l’intégrité. On dira ce qu’on voudra, il a réalisé ses principales promesses, et rapidement. Avec lui, on sait à quoi s’en tenir. Si seulement les autres organisations politiques suivaient cet exemple.

Voilà pour la mise en situation et mon cheminement de ce qui a forgé mon opinion.

En fin de semaine, le parti Libéral du Canada, ou plutôt ses délégués, décidaient du chef du parti, celui ou celle (il y avait quand même une femme, c’est peu) qui allait diriger le parti pour la prochaine élection fédérale. Le potentiel prochain premier-ministre.

Après une journée de votation et de rebondissements, la majorité des délégués se sont ralliés derrière le candidat Stéphane Dion. Son rival, Michael Ignatieff ayant plafonné dès le deuxième tour.

Stéphane Dion n’était pas un mauvais candidat, loin de là. Il a de l’expérience en politique fédérale active, connaît bien ses dossiers, surtout au niveau de l’environnement et il est un homme de convictions.

Sauf que son expérience en politique fédérale est à la fois un atout et un boulet qu’il traîne.

Stéphane Dion incarne au Québec la rigidité du fédéralisme canadien. Pour plusieurs, il est encore l’intellectuel hautain, sous-fifre de Jean Chrétien qui a défendu la loi sur la clarté, qui ne fait pas l’unanimité au Québec. Mais par dessus tout, il incarne la continuité des Trudeauistes centralisateurs comme Trudeau, Chrétien et Martin. C’est surtout cette dernière étiquette qui lui colle à la peau et qui n’est pas un atout pour lui s’il veut un jour devenir premier-ministre.

Les délégués libéraux ont manqué une belle occasion de briser la continuité et de rebâtir le parti avec du sang neuf. En ce sens, Michael Ignatieff incarnait une nouvelle ouverture du parti envers les aspirations québécoises. C’est dommage que les délégués aient eu peur du changement.

Je suis d’avis que l’avenir du Canada et l’appaisement du nationalisme québécois passe par une décentralisation du pouvoir au Canada. On l’a vu avec la motion des conservateurs qui a coupé l’herbe sous les pieds des bloquistes. Évidemment, si la reconnaîssance d’une nation ne vient pas avec les avantages revendiqués, on n’est pas plus avancés, mais bon, l’idée est là.

Il faut bien laisser à Stéphane Dion sa chance de prouver qu’il peut se renouveller, mais j’ai bien peur que ses convictions bien ancrées en lui l’en empêche.

On le voit maintenant avec les sondages faits depuis son élection à la tête du parti, certes, le parti Libéral a fait des gains dans certaines provinces, mais au Québec, c’est le status quo fatidique. Et sans le Québec, le parti Libéral n’est pas le parti rassembleur et ne peut aspirer à une majorité claire.

Les deux solitudes sont bien illustrées dans le scénario qui s’est produit cette fin de semaine, en ce fait qu’on ne se soit pas rendus compte parmi les délégués du Canada anglais qu’élire Stéphane Dion était probablement le pire choix pour assurer l’élection d’un gouvernement Libéral aux prochaines élections. Ignorer le Québec dans l’équation pour l’élection d’un chef, ça envoie un message très mauvais d’intransigeance. Et c’est très maladroit. C’est assez ironique que le choix d’un chef qui provient du Québec soit une mauvaise chose pour cette même province. On perçoit aussi bien le manque d’information à ce sujet parmi les délégués du Canada anglais quand on entend des commentaires à l’effet que l’élection d’un chef qui vient du Québec est une bonne chose car les québécois préfèrent élire un des leurs. Ces commentaires sont tellement réducteurs et simplistes qu’ils en sont risibles. Et même si c’était vrai, Dion ne serait toujours pas populaire au Québec, parce que même si c’est sa province natale, les québécois le perçoivent toujours comme plutôt canadien que québécois, donc il n’est pas “l’un d’eux”. Je suis conscient que c’est rassurant pour les gens du Canada anglais qu’un chef prône la ligne dure avec le Québec, mais ce n’est pas de cette façon qu’on ré-unira le Canada.

Bonne chance quand même au nouveau chef.

Personellement, pour la prochaine élection, je prédis une répétition des résultats des dernières élections pour le Québec. Le choix de l’Ontario fera probablement pencher la balance en faveur d’un gouvernement minoritaire Libéral. On verra bien.

brem




5 commentaires pour l'article: “Les deux solitudes”

  1. Mathieu partage cette opinion avec nous:

    sympa ton analyse!

  2. BREM experience [en] » Blog Archive » Two Solitudes: Part Two partage cette opinion avec nous:

    […] This work is licensed under a Creative Commons Licence. « Two Solitudes […]

  3. neo partage cette opinion avec nous:

    Not exactly acclamation, I’d say.

    MONTREAL (CP) - It seemed a harmless gesture to reward the lowliest candidate for a gallant campaign. It may have changed the course of the Liberal leadership race, handing the crown to Stephane Dion.

  4. brem partage cette opinion avec nous:

    Merci Mathieu!

  5. brem partage cette opinion avec nous:

    neo: thanks for this interesting point of view from the belly of the beast. I wasn’t aware of the fact Kennedy lent votes for Findlay. Indeed, the psychological effect of finishing fourth on the first round cannot be taken too lightly.

    In my case, it was a matter of “anybody but Dion”, but it turned out it went “anybody but Ignatieff”.

    Indeed, a missed opportunity for the Liberal.

    Until next time. :)

    brem

Laissez une réponse

XHTML: Vous pouvez utiliser ces tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>